La symbolique animale : Le harfang des neiges

Les animaux totems des mythologies amérindiennes peuvent nous aider à comprendre certains grands courants de pensées et d’actions humaines. Pourraient-ils aussi nous inspirer de grandes choses?

Les animaux sont de précieux alliés dans notre vie! Depuis 1987 au Québec, le harfang des neiges est devenu un emblème aviaire officiel et son plumage blanc l’associe à nos hivers si caractéristiques. Le harfang  des neiges (Bubo Scandiacus) est une espèce d’oiseau de la famille des strigidés qui vit dans les milieux aux grandes étendues plénières, bordées de grands arbres, qui lui permettent de chasser et de se nicher.

Aventureux, sage, indépendant, lucide, bon conseiller, analytique et clairvoyant, le harfang des neiges arbore une symbolique inspirante et bien de notre époque. Il est le neuvième esprit totem de la roue des chamans. On lui prête des qualités qui le comparent au signe zodiaque du Sagittaire et son nom Inuit est Ookpik

Le 9ième esprit totem de la roue des chamans…

Il ne s’agit pas là d’une photo d’un amateur captée au gré d’une balade hivernale! Il a effectué un vol contrôlé face à un système de caméras de surveillance possédant un large réseau de diffusion.

La présence du majestueux harfang dans notre environnement nous inspire toujours une respectueuse admiration. Il nous parle de responsabilité et de leadership. Son assurance, sa magnificence, sa ténacité, sa beauté et sa grâce sont autant de qualités qu’il nous appelle à manifester.

Cet oiseau de proie a toute une histoire. En janvier 2016, les québécois se souviendront peut-être qu’il s’est présenté à la caméra d’un centre de surveillance du trafic aérien[1]. Cette image a fait les manchettes de tous les médias. Il nous a littéralement signalé sa présence, alors que faire de cette apparition aux airs de présages?

On retrouve la présence du harfang dans la littérature et le cinéma

S’il est vrai que les épreuves forgent un pays, le nôtre accueille toutes les nations. Tel un pont entre la vie d’avant fait de limites et de possibilités, Le Canada négocie des terrains d’entente, unifiant ses habitants, leurs idées et leurs mœurs. Comme beaucoup de nations maintenant, nos environnements sont devenus des creusets de développement pour de nouvelles façons d’être et de faire. En redéfinissant nos pratiques, nous nous donnons les moyens de prendre notre essor. La symbolique du harfang n’est peut-être pas étrangère à certaines inspirations. L’homme est invité à se surpasser et à prendre son envol dans toute sa splendeur. On retrouve la présence du harfang dans la littérature et le cinéma. Hedwige, le messager ailé d’Harry Potter est un harfang. Dans un livre intitulé L’Oiseau des neiges, le personnage principal est un harfang des neiges vivant dans la toundra.

L’oiseau de Silfax, un des personnages du roman Les Indes Noires de Jules Verne, en est également un! À travers les différentes cultures qui lui ont rendu hommage, on lui prête des traits de justicier et de protecteur; attributs notamment associé au signe du Sagittaire, son corollaire du zodiaque. Les deux symboles ont des similitudes car on confère à ce signe des talents pour la politique, la religion, la spiritualité et l’équilibre social. De par son esprit synthétique, il est réputé pour pouvoir s’élever, prendre du recul et ainsi assumer un rôle de conseiller, de guide. Les pratiques chamaniques qui lui étaient associées, parlaient de mission de vie destinées à trouver et exploiter leur plein potentiel. Par sa représentation croisée entre animal (plan terrestre), moitié humain (étincelle divine), le signe du Sagittaire, constituerait un pont entre le monde humain et le monde divin, entre le matériel et le spirituel.

On lui accorderait même la capacité de prédire l’avenir, de mettre à jour des secrets ou encore d’hypnotiser ses victimes! Dans de nombreuses cultures, on dépeint le harfang comme une créature mythique redoutée, annonçant les passages importants. Dans ces grandes transitions, il participerait au chemin de l’âme entre le royaume terrestre et des espaces intemporels.

Contrairement au hibou, il est un chasseur diurne. Cette particularité le concède parfois comme une incarnation de la clairvoyance, perçant le grand mystère de l’occulte et de l’invisible, au pouvoir de pénétrer l’esprit. Dans certaines tribus du Maroc, son nom est synonyme de malheur, réincarnation d’êtres mythiques et maléfiques. Cette grande disparité de rôles tient de la perception qu’en avaient les différents peuples. Par exemple au Japon selon l’espèce, il est tantôt un messager des dieux ou annonciateur d’un malheur.

Chez les Grecs de l’antiquité, ce rapace ailé était assimilé à Athéna, déesse de la stratégie et protectrice des artisans. Athéna représentait des qualités telles que la pensée élevée, la sagesse et l’intelligence perceptuelle. Patronne des arts et de la musique, elle était surtout sollicitée pour son discernement. Habile conseillère, elle veillait à éclairer l’ordre du monde d’une compréhension empreinte de spiritualité.

Honorer la présence du harfang des neiges dans notre culture, c’est faire croître ces qualités qui renforcissent nos liens. Comme lui, nous pouvons faire preuve de courage, à l’instar de nos ancêtres qui ont soutenu l’émergence de notre mode de vie, donnant un sens aux sacrifices consentis. En ces temps troublés, le harfang des neiges est un appel à utiliser notre discernement, à évaluer et à englober la complexité de nos besoins, dans un mouvement de protection de notre monde fragile.

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